Autonomie & sécurité

Panneau solaire et coupure de courant : ce qui protège vraiment (et ce qui ne protège pas)

En 2024, un client Enedis a subi en moyenne 71,6 minutes de coupure dans l'année — au-dessus du seuil que le régulateur juge acceptable. Beaucoup de foyers équipés en solaire pensent, à tort, qu'ils sont déjà protégés le jour où le courant saute. La réalité est plus nuancée : voici ce qui coupe vraiment, ce qui reste allumé, et ce qu'il faut réellement installer pour que panneaux et batterie tiennent leur promesse d'autonomie.

Panneau solaire et coupure de courant : la réponse rapide

Un panneau solaire protège-t-il contre les coupures de courant ?

Pas par défaut. Dès qu'une coupure survient, un onduleur solaire classique s'arrête automatiquement — c'est une sécurité obligatoire appelée anti-îlotage, qui protège les techniciens intervenant sur le réseau. Avoir des panneaux, voire une batterie standard, ne suffit donc pas à garder la lumière allumée. La vraie protection demande un onduleur hybride avec une sortie de secours (EPS) et un circuit dédié aux usages prioritaires. Le sujet n'est pas anecdotique : en France, la durée de coupure par client atteignait 71,6 minutes en 2024, au-dessus du seuil réglementaire de 62 minutes fixé par la CRE.

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Détaillons maintenant chaque point : la fréquence réelle des coupures en France, ce qu'elles peuvent coûter, pourquoi vos panneaux s'arrêtent malgré eux, et ce qu'il faut installer pour que ce ne soit plus le cas.

Combien de coupures subit-on vraiment en France ?

Le critère B : la mesure officielle d'Enedis

Chaque année, Enedis publie un indicateur appelé « critère B » : la durée moyenne de coupure par client raccordé en basse tension, hors événements exceptionnels et hors réseau de transport RTE. En 2024, il s'est établi à 71,6 minutes, après 72,9 minutes en 2023 — deux années consécutives au-dessus du seuil réglementaire de 62 minutes fixé par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) dans le cadre du TURPE. En 2023, Enedis n'a atteint son objectif qu'à 8 %, en raison de seize tempêtes recensées dans l'année, dont Ciaran. En moyenne, un foyer français subit environ deux coupures par an, et l'entreprise a versé 166,7 millions d'euros de compensations automatiques pour les coupures dépassant cinq heures en 2023, contre 53 millions en 2022.

Durée moyenne de coupure par client, 2023–2024 : au-dessus du seuil réglementaire Diagramme en colonnes. En 2023, la durée moyenne de coupure par client s'est établie à 72,9 minutes ; en 2024, à 71,6 minutes. Les deux années restent au-dessus du seuil réglementaire de 62 minutes fixé par la Commission de régulation de l'énergie. En 2023, un foyer a subi en moyenne 2,08 coupures. 20 min40 min60 min80 min072,9 min202371,6 min2024Seuil CRE/TURPE : 62 min≈ 2,08 coupures/foyer en 2023
Critère B (durée moyenne de coupure par client basse tension), hors événements exceptionnels et hors réseau RTE. Seuil réglementaire fixé par la CRE dans le cadre du TURPE.

Source : Enedis, rapports annuels sur la mise en œuvre du code de bonne conduite (2023 et 2024)

Deux années au-dessus de l'objectif ne font pas une tendance de fond, mais elles confirment une chose : la coupure « rare » reste, dans les faits, une expérience quasi annuelle pour la moyenne des foyers.

Bouches-du-Rhône et Var : la Provence en tête du classement

Les moyennes nationales masquent d'importants écarts régionaux. Selon les signalements d'utilisateurs compilés par Selectra entre août 2024 et mai 2025, les Bouches-du-Rhône se classent 2ᵉ département le plus touché de France, avec 29 incidents recensés sur la période — juste derrière la Loire-Atlantique (32) — et le Var arrive 4ᵉ, à 26 incidents. Ce ne sont pas des statistiques officielles Enedis mais des remontées terrain ; elles restent un bon indicateur d'exposition, dans deux départements où intervient justement Alpilles Solaire.

Départements les plus touchés par les coupures de courant, août 2024 – mai 2025 Diagramme en barres horizontales. Loire-Atlantique : 32 coupures signalées, en tête. Bouches-du-Rhône : 29, deuxième position nationale. Seine-et-Marne : 27. Var : 26, quatrième position. Rhône : 26. Ille-et-Vilaine : 26. Bouches-du-Rhône et Var, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, figurent parmi les quatre départements les plus touchés. 0102030 coupuresLoire-Atlantique32 coupuresBouches-du-Rhône29 coupuresSeine-et-Marne27 coupuresVar26 coupuresRhône26 coupuresIlle-et-Vilaine26 coupures
Classement fondé sur des signalements d'utilisateurs, pas sur une statistique officielle Enedis — un ordre de grandeur, pas une mesure certifiée. Bouches-du-Rhône (2ᵉ) et Var (4ᵉ) sont les deux départements où intervient Alpilles Solaire.

Source : Selectra, classement des départements par nombre de coupures, août 2024 – mai 2025

Pourquoi le réseau lâche : tempêtes, canicules, réseau vieillissant

La première cause de coupure reste météorologique : vent, arbres tombés sur les lignes, neige, grêle. Vient ensuite un phénomène plus récent — la canicule, qui fait grimper la température des câbles souterrains jusqu'à 80 °C quand la surface affiche 40 °C, et qui a provoqué l'explosion d'un transformateur dans le Finistère (68 000 foyers privés d'électricité) lors de l'été 2022. La chaleur touche aussi les zones urbaines, réputées mieux protégées grâce à leur réseau souterrain : à Marseille, le quartier du Pharo est resté plus de vingt-quatre heures sans électricité en pleine vague de chaleur, et la mairie d'Aubagne a publiquement mis en cause Enedis après plusieurs coupures répétées liées aux fortes températures. S'ajoute, en zone rurale, un réseau souvent aérien, vieillissant et proche de la végétation — un facteur documenté par le médiateur national de l'énergie comme surreprésenté hors des villes, et qui explique pourquoi la durée de coupure y est généralement plus longue qu'en ville, même si les incidents y sont parfois moins nombreux.

Les grandes tempêtes, en repères

Les tempêtes Lothar et Martin, fin décembre 1999, ont privé jusqu'à 3,7 millions de foyers d'électricité — un record jamais égalé depuis, avec plus de mille pylônes détruits. Plus près de nous, la tempête Ciaran a coupé 1,2 million de foyers en novembre 2023, un événement qu'Enedis a qualifié trois fois plus destructeur que Lothar et Martin sur son réseau. 2024 a lui-même compté six tempêtes nommées ayant pesé sur les statistiques de l'année (Louis, Kirk, Caetano, Bert, Darragh, Enol), en plus d'inondations dans le Centre-Est et le Sud à la mi-octobre. À l'inverse, côté tension du réseau plutôt que météo, aucune alerte rouge ou orange EcoWatt n'a jamais été déclenchée depuis la création du dispositif en 2020 : le risque de coupure vient aujourd'hui bien plus du climat que d'une pénurie de production.

Ce que coûte vraiment une coupure

Le risque alimentaire

Le contenu d'un congélateur ou d'un réfrigérateur peut être couvert par la garantie « denrées périssables » de votre assurance habitation, souvent activable à partir de trois heures de coupure. Au-delà de cinq heures, une indemnisation automatique d'Enedis est due sans démarche à effectuer. Il n'existe pas de chiffrage national agrégé de ces pertes, mais elles restent la première conséquence concrète, immédiate, ressentie par tous les foyers — et la plus facile à éviter : un simple circuit de secours alimentant le réfrigérateur suffit à supprimer ce risque, sans nécessiter de protéger toute la maison.

Le risque « sécurité de la maison »

Un foyer sur les Alpilles n'est pas seulement une cuisine et un salon : c'est aussi, souvent, un portail motorisé, une alarme, une caméra de vidéosurveillance ou un système d'arrosage automatique. La plupart de ces équipements disposent d'une batterie tampon de quelques heures à peine, pensée pour un défaut ponctuel, pas pour une coupure de plusieurs heures en pleine tempête — c'est-à-dire précisément le moment où la sécurité du logement compte le plus. Ce risque n'a pas de statistique nationale dédiée, mais il figure systématiquement dans les listes de vérification des installateurs d'alarme lors d'une coupure prolongée.

Le risque médical

Les patients à haut risque vital (PHRV) — sous oxygénothérapie ou dialyse à domicile, par exemple — bénéficient d'un dispositif spécifique coordonné par les Agences régionales de santé et Enedis : préavis de cinq jours avant une coupure programmée, astreinte technique 24 heures sur 24 avec bouteille d'oxygène de secours. Une nuance mérite d'être dite clairement : ce statut ne les exempte pas d'un délestage d'urgence en cas de tension extrême sur le réseau. Le risque se cumule avec la météo : une coupure en pleine canicule prive simultanément de ventilation, de climatisation, et potentiellement d'appareils médicaux respiratoires — un scénario documenté lors des vagues de chaleur récentes.

Le coût économique, canicule comprise

RTE valorise l'électricité non distribuée à 33 000 € par mégawattheure, un chiffre fixé par décret sur proposition conjointe de la CRE et de RTE. Sur cette base, un économiste de l'EM Lyon a estimé à environ 60 millions d'euros le coût des coupures liées à la seule canicule de juin 2026 — près de 335 000 foyers touchés au total, jusqu'à 50 000 coupures simultanées un même jour — pour un coût récurrent désormais estimé à 120 millions d'euros par an, sur la base de deux épisodes caniculaires majeurs devenus habituels. Rapporté à l'ensemble des clients, cela représente environ 3 € par foyer et par an, déjà répercutés sur les factures de tout le monde, coupé ou non.

Les bons réflexes en attendant le rétablissement

En attendant une solution de secours durable, quelques réflexes limitent les dégâts d'une coupure ordinaire : éviter d'ouvrir inutilement le réfrigérateur et le congélateur, qui conservent le froid plusieurs heures s'ils restent fermés ; débrancher les appareils électroniques sensibles, pour éviter une surtension au retour du courant ; garder un point lumineux autonome (lampe à piles, téléphone chargé) à portée de main ; et vérifier, si la coupure touche tout le quartier, le site ou l'application d'Enedis pour connaître l'estimation de rétablissement plutôt que de multiplier les tentatives de réarmement du disjoncteur. Ces gestes ne remplacent pas une solution de secours, mais ils réduisent l'impact d'une coupure de quelques dizaines de minutes — la plus fréquente en pratique.

Autres risques, réels mais non chiffrés

D'autres conséquences sont évidentes sans disposer pour autant d'une statistique nationale fiable : personne bloquée dans un ascenseur, pompe de puits à l'arrêt pour les foyers non raccordés au réseau d'eau collectif, pertes de données pour un télétravailleur en pleine sauvegarde. Nous les mentionnons ici comme des risques plausibles et documentés au cas par cas, pas comme des chiffres nationaux — il n'en existe pas de fiables, et nous préférons le dire plutôt qu'en inventer un.

Panneaux solaires : protègent-ils vraiment contre une coupure ?

L'anti-îlotage : le réflexe de sécurité qui coupe tout

C'est le point le plus mal compris du solaire résidentiel. Un onduleur raccordé au réseau intègre une sécurité obligatoire, l'anti-îlotage : dès que la tension du réseau disparaît, il arrête la production en quelques centièmes de seconde — même en plein soleil, même avec une batterie chargée à 100 %. Cette coupure n'est pas un défaut, c'est une exigence réglementaire : sans elle, votre installation pourrait continuer à injecter du courant sur une ligne que les techniciens d'Enedis croient hors tension pendant leur intervention, un risque mortel pour eux.

Ce qu'il faut vraiment : onduleur hybride, sortie de secours, circuit dédié

La solution existe, mais ce n'est pas un panneau de plus ni une batterie standard. Il faut un onduleur hybride doté d'une sortie de secours dédiée — souvent appelée EPS (Emergency Power Supply) ou « backup » selon les fabricants — capable de basculer une partie de l'installation en fonctionnement îloté, isolé du réseau, dès qu'il détecte la coupure. Le basculement se fait en quelques dizaines de millisecondes à quelques secondes selon les modèles : assez rapide pour qu'un ordinateur reste allumé, pas pour garantir qu'un appareil très sensible ne redémarre jamais.

Cette sortie n'alimente en général qu'un circuit électrique séparé, câblé à part du tableau principal, réservé aux usages prioritaires : réfrigérateur, box internet, éclairage, quelques prises. Alimenter la maison entière, chauffage et eau chaude compris, demande un dimensionnement et un budget d'un tout autre ordre. Concrètement, cette fonction se décide au moment du choix de l'onduleur, pas après coup : tous les onduleurs hybrides ne proposent pas de sortie de secours, et ceux qui le font ne l'incluent pas toujours de série. C'est une question à poser explicitement à votre installateur avant de signer un devis, si la résilience aux coupures fait partie de vos priorités.

Panneaux seuls, batterie standard, système hybride : le comparatif honnête

Comportement d'une installation solaire pendant une coupure de courant selon la configuration
ConfigurationFonctionne pendant une coupure ?Ce qu'il faut en plus
Panneaux seuls, onduleur classiqueNon — arrêt automatique (anti-îlotage)Rien : c'est une sécurité obligatoire, pas un réglage
Panneaux + batterie d'autoconsommationNon, dans la grande majorité des casUn onduleur hybride avec sortie de secours (EPS)
Panneaux + onduleur hybride + circuit de secoursOui, sur les circuits raccordés au secoursDimensionner les usages prioritaires et la capacité de batterie utile

Ce tableau explique aussi pourquoi tant de foyers déjà équipés en solaire découvrent, le jour d'une vraie coupure, que rien ne fonctionne : ils se situent, sans le savoir, sur l'une des deux premières lignes. Le vérifier ne coûte rien — un appel à votre installateur ou la lecture de la notice de votre onduleur suffit à savoir où vous en êtes.

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Batterie de secours anti-coupure : à quoi s'attendre avant d'acheter

Une batterie utile pour une coupure n'est pas nécessairement la même que celle qui maximise votre autoconsommation. Le dimensionnement doit partir de vos usages réellement prioritaires, pas de la totalité de votre consommation habituelle. À titre d'ordre de grandeur, sur une soirée de quelques heures :

  • un réfrigérateur-congélateur consomme environ 0,1 à 0,2 kWh par heure de fonctionnement effectif ;
  • une box internet et un routeur, allumés en continu, représentent quelques dixièmes de kWh sur une soirée ;
  • l'éclairage LED d'un logement, même généreux, reste sous 0,3 kWh par soirée ;
  • quelques prises pour charger téléphones et ordinateurs ajoutent peu.

Au total, couvrir ces usages essentiels sur une soirée entière demande rarement plus de 1 à 2 kWh — largement à la portée d'une petite batterie déjà présente pour l'autoconsommation, à condition qu'elle soit couplée à un onduleur hybride avec sortie de secours. Viser une autonomie de plusieurs jours, ou couvrir le chauffage et l'eau chaude, change complètement l'échelle du projet, sa complexité de câblage et son coût.

Notre repère : pensez d'abord en heures d'autonomie sur les circuits essentiels, pas en jours d'autonomie totale — c'est ce qui distingue une protection anti-coupure réaliste d'un projet hors budget. Pour les prix par capacité et le calcul de rentabilité d'une batterie, notre guide prix et rentabilité d'une batterie solaire en 2026 détaille les fourchettes actuelles sans reprendre ici le même tableau. La durée de vie de l'onduleur qui pilote cette bascule mérite aussi d'être anticipée — voir notre guide sur la durée de vie d'un onduleur (et d'un onduleur hybride).

Au-delà de la coupure : les autres bénéfices d'une batterie solaire

Une batterie ne se justifie pas seulement par le risque de coupure — c'est même rarement le premier argument économique. Sans stockage, un foyer autoconsomme typiquement 30 à 40 % de sa production solaire ; avec une batterie bien dimensionnée, cette part grimpe à 60-80 %. Un kilowattheure autoconsommé évitant un achat au tarif plein, il vaut aujourd'hui environ dix-huit fois un kilowattheure revendu en surplus — l'écart s'est creusé depuis la chute du tarif de rachat. Gardez toutefois en tête que la batterie, contrairement aux panneaux, reste taxée à la TVA à 20 % : notre guide TVA à 5,5 % : ce qui est éligible (et ce qui ne l'est pas) détaille cette différence de traitement fiscal. Le calcul de rentabilité complet, panneaux et batterie compris, est posé sans complaisance dans notre guide rentabilité du solaire en 2026 : la protection anti-coupure est un bénéfice réel, mais elle s'ajoute à ce calcul plutôt qu'elle ne le remplace.

Certains profils ont cependant plus à gagner que d'autres à traiter la résilience aux coupures comme un critère à part entière, et pas seulement comme un bonus : les foyers en zone rurale ou mal desservie, où la durée de coupure est structurellement plus longue ; les foyers avec un équipement médical électro-dépendant ; les télétravailleurs dont l'activité dépend d'une connexion internet stable ; et, plus largement, tout foyer situé dans un département exposé comme les Bouches-du-Rhône ou le Var. Pour ces profils, le surcoût d'un onduleur hybride avec sortie de secours, au moment de l'installation initiale, est nettement inférieur à celui d'un remplacement ultérieur de l'onduleur pour ajouter cette fonction après coup.

L'angle Provence : Bouches-du-Rhône, Alpilles, et un réseau sous tension climatique

RTE anticipe une hausse de +2,1 °C des températures d'ici 2050 par rapport à la période 1976-2005 — un climat dans lequel les lignes aériennes peuvent atteindre 90 °C en pointe de canicule, contre une plage de fonctionnement pensée pour un climat plus tempéré. Les deux gestionnaires de réseau investissent en conséquence : RTE prévoit 24 milliards d'euros sur quinze ans pour renouveler 23 500 km de lignes et 85 000 pylônes, avec l'objectif d'un réseau à 80 % résilient d'ici 2040 ; Enedis consacre environ un quart de ses 96 milliards d'euros d'investissements prévus entre 2022 et 2040 à la résilience climatique, dont 9,4 milliards pour l'enfouissement et la rénovation des lignes moyenne tension sur dix-huit ans.

Un point mérite d'être dit sans céder à l'alarmisme : le bilan électrique 2024 de RTE conclut lui-même que l'électrification des usages — pompes à chaleur, véhicules électriques — ne devrait pas provoquer de hausse disproportionnée de la consommation nationale. Le vrai facteur de risque n'est donc pas une pénurie généralisée à venir, mais l'exposition locale au climat : dans les Bouches-du-Rhône, entre mistral, orages estivaux et épisodes de canicule prolongée, cette exposition est déjà documentée aujourd'hui, des coupures répétées à Aubagne aux plus de vingt-quatre heures sans électricité subies par le quartier du Pharo à Marseille.

C'est ce contexte, très concret, qui doit guider le choix d'équipement bien plus qu'un raisonnement théorique sur « le réseau français, l'un des plus fiables d'Europe ». Un réseau fiable en moyenne nationale peut rester, localement, exposé plusieurs fois par an. C'est dans ce cadre que nous équipons les foyers, de Maussane-les-Alpilles à l'ensemble du territoire des Alpilles : en posant d'abord la question de l'usage réel — autoconsommation, résilience aux coupures, ou les deux — avant celle du matériel.

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Questions fréquentes

Un panneau solaire fonctionne-t-il pendant une coupure de courant ?

Non, pas dans la configuration la plus répandue. Un onduleur solaire raccordé au réseau intègre une sécurité obligatoire, l'anti-îlotage : dès que la tension du réseau disparaît, il coupe la production en quelques centièmes de seconde, même si le soleil brille sur vos panneaux. Cette coupure protège les techniciens qui interviennent sur les lignes — sans elle, votre installation pourrait réinjecter du courant sur un réseau censé être hors tension, un risque mortel. Une batterie de stockage classique, pensée pour l'autoconsommation, ne change rien à cette règle : elle se recharge sur le réseau et s'éteint avec lui. Seul un onduleur hybride équipé d'une sortie de secours dédiée (EPS) peut isoler une partie de votre installation du réseau et continuer à l'alimenter. C'est un équipement différent, pas une simple option cochée sur un devis standard.

Combien de temps dure une coupure de courant en France en moyenne ?

Selon le rapport annuel d'Enedis sur son code de bonne conduite, la durée moyenne de coupure par client basse tension — le « critère B », hors événements exceptionnels et hors réseau RTE — s'est établie à 71,6 minutes en 2024, après 72,9 minutes en 2023. Les deux années restent au-dessus du seuil réglementaire de 62 minutes fixé par la CRE dans le cadre du TURPE, qu'Enedis n'a atteint qu'à 8 % en 2023 en raison de seize tempêtes, dont Ciaran. En moyenne, un foyer subit environ deux coupures par an. Ce sont des moyennes nationales : elles masquent de fortes disparités régionales, certains départements et certaines zones rurales étant bien plus exposés que d'autres.

Le Sud-Est et les Bouches-du-Rhône sont-ils plus touchés par les coupures ?

Les signalements d'utilisateurs compilés par Selectra entre août 2024 et mai 2025 placent les Bouches-du-Rhône au 2ᵉ rang national des départements les plus touchés par les coupures, avec 29 incidents recensés sur la période, juste derrière la Loire-Atlantique (32). Le Var arrive 4ᵉ, à 26 incidents. Ce ne sont pas des statistiques officielles Enedis mais des remontées terrain, à lire comme un ordre de grandeur plutôt qu'une mesure certifiée. Elles concordent néanmoins avec un facteur structurel connu : un réseau électrique étendu et souvent aérien, exposé au mistral et aux orages estivaux, dans un département où intervient justement Alpilles Solaire.

Que faut-il concrètement pour qu'une batterie alimente la maison pendant une coupure ?

Trois éléments, pas un seul. D'abord un onduleur hybride doté d'une sortie de secours (EPS ou « backup »), capable de basculer l'installation en fonctionnement îloté dès qu'il détecte la coupure du réseau. Ensuite une batterie suffisamment chargée : sans soleil ni énergie stockée, la sortie de secours n'a rien à distribuer. Enfin un circuit électrique dédié, câblé séparément du reste du tableau, qui n'alimente que les usages prioritaires — réfrigérateur, box internet, éclairage, quelques prises. Une batterie de secours dimensionnée pour la maison entière, chauffage et eau chaude compris, coûte significativement plus cher qu'une batterie pensée pour l'autoconsommation seule : le dimensionnement doit partir de vos usages réellement prioritaires, pas de vos usages totaux.

Une coupure de courant est-elle dangereuse pour la santé ?

Elle peut l'être pour certains foyers. Les patients à haut risque vital (PHRV) — sous oxygénothérapie ou dialyse à domicile, par exemple — bénéficient d'un dispositif spécifique avec les Agences régionales de santé et Enedis : préavis de cinq jours avant une coupure programmée, astreinte technique 24 heures sur 24. Mais ce statut ne les exempte pas d'un délestage d'urgence en cas de tension extrême sur le réseau. Le risque se cumule aussi avec la météo : une coupure pendant une canicule prive simultanément de ventilation, de climatisation et, potentiellement, d'appareils médicaux respiratoires — un scénario documenté lors des vagues de chaleur récentes. Les foyers concernés par un équipement médical électro-dépendant ont donc un intérêt de sécurité, pas seulement de confort, à disposer d'une solution de secours autonome.

Que risque-t-on financièrement lors d'une coupure de courant ?

Plusieurs postes de coût, souvent sous-estimés. Le contenu d'un congélateur ou d'un réfrigérateur peut être couvert par votre assurance habitation, généralement à partir de trois heures de coupure ; au-delà de cinq heures, une indemnisation automatique d'Enedis est prévue — l'entreprise a versé 166,7 millions d'euros à ce titre en 2023, contre 53 millions en 2022. À l'échelle nationale, RTE valorise l'électricité non distribuée à 33 000 euros par mégawattheure. Un économiste de l'EM Lyon a chiffré à environ 60 millions d'euros le coût des coupures liées à la seule canicule de juin 2026, pour un coût récurrent estimé à 120 millions d'euros par an sur les deux épisodes caniculaires majeurs désormais habituels — soit environ 3 euros par client et par an, déjà répercutés sur les factures de tous.

Les grandes tempêtes peuvent-elles encore couper l'électricité à grande échelle en France ?

Oui : les tempêtes Lothar et Martin de décembre 1999 ont privé jusqu'à 3,7 millions de foyers d'électricité, un record jamais égalé depuis, et la tempête Ciaran a coupé 1,2 million de foyers en novembre 2023 — Enedis l'a qualifiée trois fois plus destructrice que Lothar et Martin sur son réseau. 2024 a lui-même compté six tempêtes nommées (Louis, Kirk, Caetano, Bert, Darragh, Enol) ayant pesé sur les statistiques de coupure. À l'inverse, côté tension du réseau, aucune alerte rouge ou orange EcoWatt n'a jamais été déclenchée depuis la création du dispositif en 2020, et RTE ne prévoit pas de hausse de consommation disproportionnée liée à l'électrification des usages. Le risque météo reste réel ; le risque de pénurie généralisée, nettement moins.

Sources officielles