Prix de l'électricité et production solaire par région en 2026 : les cartes de France
Mis à jour le · 16 min de lecture
Vous habitez à Lille, à Bordeaux ou à Marseille : payez-vous le même prix pour votre électricité, et produiriez-vous la même chose avec des panneaux solaires ? Les réponses sont à l'opposé l'une de l'autre. Le prix, non — il est rigoureusement identique partout. La production solaire, oui — et l'écart atteint 50 % entre les régions extrêmes. Voici les deux cartes de France qui comptent vraiment pour votre projet, chiffres et sources à l'appui.
Prix de l'électricité et production solaire varient-ils selon la région ?
Le prix de l'électricité et la production solaire varient-ils selon la région en France ?
Le prix du kWh est identique partout en France grâce à la péréquation tarifaire (0,1940 €/kWh TTC, Tarif Bleu, 2026) ; la production solaire, elle, varie fortement selon la région : de 1 025 kWh/kWc/an dans les Hauts-de-France à 1 530 dans le Sud-Est, un écart de 50 %. Ce qui change vraiment d'une région à l'autre, ce n'est donc pas ce que vous payez, mais ce que votre toiture peut produire et ce que vous consommez.
Et pour votre toiture, concrètement ?
Estimer mes économies possiblesDevis gratuit · Sans engagement · Garantie décennale en Vaucluse
Le prix de l'électricité par région : un tarif unique, partout en France
La péréquation tarifaire : le mécanisme qui gomme les écarts
Contrairement à l'essence ou au gaz, dont le prix affiche de vraies variations locales, l'électricité vendue au tarif réglementé obéit en France à un principe volontariste : la péréquation tarifaire nationale, inscrite à l'article L.121-5 du Code de l'énergie. Ce texte fait de la fourniture d'électricité au même prix, sur tout le territoire, un élément de la cohésion sociale — au même titre que d'autres missions de service public. Concrètement, un fonds de péréquation redistribue les coûts entre gestionnaires de réseau, afin que les zones coûteuses à desservir (montagne, îles, campagnes peu denses) ne paient pas plus cher que les zones urbaines denses. Ce choix, hérité de la nationalisation de l'électricité en 1946, distingue nettement la France de pays où le prix varie fortement d'un État ou d'une région à l'autre.
Le Tarif Bleu en 2026 : les chiffres
Depuis le 1er février 2026, le Tarif Bleu résidentiel d'EDF, option Base (compteur 6 kVA), s'établit à 0,1940 €/kWh TTC, pour un abonnement annuel de 187,80 €. En option Heures Pleines/Heures Creuses, comptez environ 0,2065 €/kWh en heures pleines et 0,1579 €/kWh en heures creuses. Ces chiffres, publiés par la grille de prix officielle d'EDF et validés par la Commission de régulation de l'énergie, s'appliquent à l'identique, à l'euro et au centime près, quelle que soit votre adresse en France métropolitaine.
Source : Grille de prix EDF, 1ᵉʳ février 2026 ; Commission de régulation de l'énergie (CRE)
Cinq villes, un seul prix : voilà l'antidote à une intuition répandue mais fausse — celle d'une électricité moins chère « à la source », près des centrales, et plus chère loin d'elles.
Même la Corse et les départements d'outre-mer paient le même prix
C'est le cas le plus contre-intuitif. La Corse et les départements d'outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte) forment des « zones non interconnectées » (ZNI) : leur électricité, produite localement plutôt qu'importée du réseau continental, coûte réellement environ deux fois plus cher à produire. Sans la péréquation, un habitant de La Réunion paierait donc bien davantage. Le fonds de péréquation comble cet écart en indemnisant les opérateurs locaux, qui peuvent ainsi facturer au même tarif nationalement fixé. Un habitant de Fort-de-France règle, à la ligne près, le même prix au kilowattheure qu'un habitant de Lille.
Et si mon fournisseur n'est pas EDF, ou si je dépends d'un distributeur local ?
Environ 5 % du territoire français échappe au réseau Enedis : une centaine d'entreprises locales de distribution (ELD) — Électricité de Strasbourg, des régies municipales, des SICAE rurales — desservent ces zones. Elles appliquent elles aussi le tarif réglementé fixé nationalement : à Strasbourg, le Tarif Bleu affiche le même 0,1940 €/kWh qu'à Avignon. Quant aux fournisseurs alternatifs (Engie, TotalEnergies et une trentaine d'autres), leurs offres de marché ne sont pas non plus structurées par région : elles sont nationales, indexées ou non sur le Tarif Bleu, mais jamais tarifées « plus cher parce que vous habitez loin ».
Envie de chiffres précis pour votre maison ?
Obtenir mon devis gratuitDevis gratuit · Sans engagement · Garantie décennale en Vaucluse
Ce qui varie réellement : votre facture par région
Le tarif au kilowattheure ne bouge pas d'un centime d'une région à l'autre. Votre facture annuelle, elle, peut varier du simple à plus du double — parce qu'elle dépend d'un second facteur, totalement indépendant du prix : la quantité d'électricité que vous consommez.
Palmarès réel : les départements où la facture grimpe le plus
Voici les huit départements où la facture moyenne d'un ménage, tous usages confondus, atteint les niveaux les plus élevés de France, d'après les données croisées de la Commission de régulation de l'énergie, d'Enedis et du Médiateur national de l'énergie pour 2026.
Source : CRE ; Enedis ; Médiateur national de l'énergie (données 2026)
Sans surprise, les Bouches-du-Rhône et le Var — deux départements de notre région PACA — figurent en tête, avec une facture moyenne supérieure de 35 à 40 % à la moyenne nationale. Un point mérite d'être souligné : ce n'est pas le prix du kilowattheure qui grimpe dans ces départements, mais la consommation — climatisation, grandes maisons individuelles, piscines.
La carte de France de la facture par région (estimation)
Aucun organisme officiel ne publie à ce jour de statistique de facture moyenne ventilée par les treize régions métropolitaines (le SDES raisonne par zone climatique, pas par région administrative). Pour donner malgré tout une vue d'ensemble, nous avons construit trois paliers indicatifs — modérée, moyenne, élevée — en croisant les points de données départementaux ci-dessus avec la part de logements chauffés à l'électricité par zone climatique.
Source : CRE ; Enedis ; Médiateur national de l'énergie ; SDES — fond de carte : RomGuig / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
Cette carte reste une estimation éditoriale, assumée comme telle : elle indique une tendance, pas une facture individuelle. Votre facture réelle dépend de votre logement, pas seulement de votre région.
Ce qui explique vraiment l'écart : chauffage, climatisation, taille du logement
Trois leviers, dans l'ordre d'importance généralement observé. D'abord le mode de chauffage : dans les régions historiquement peu couvertes par le réseau de gaz — Bretagne, Pays de la Loire en tête —, la part de logements chauffés à l'électricité dépasse largement la moyenne nationale (37 % environ, selon le SDES), ce qui alourdit mécaniquement la facture d'hiver. Ensuite la climatisation, en plein essor dans le Sud et jusque dans le Centre : elle crée une pointe de consommation estivale qui vient s'ajouter, et non remplacer, les usages habituels. Enfin la taille et le type de logement : une grande maison individuelle chauffée à l'électricité consomme structurellement plusieurs fois plus qu'un studio parisien, quel que soit le tarif payé au kilowattheure. Ces trois facteurs, combinés, expliquent l'essentiel de ce que les comparateurs présentent souvent, à tort, comme une « différence de prix régionale ».
La production solaire par région : la vraie carte de France
Qu'est-ce que le productible, et pourquoi il varie autant
Le productible est la quantité d'électricité qu'un kilowatt-crête (kWc) installé produit en un an, dans des conditions données d'orientation et d'inclinaison. Il dépend d'abord de l'irradiation solaire reçue au sol, qui décroît globalement du sud vers le nord, mais aussi de la nébulosité (un ciel méditerranéen dégagé produit plus qu'un ciel océanique fréquemment couvert, à latitude comparable), de l'altitude et de phénomènes locaux — le mistral qui balaie la vallée du Rhône et refroidit les modules en est un bon exemple, détaillé dans notre étude de Saint-Rémy-de-Provence.
Source : PVGIS, Commission européenne — fond de carte : RomGuig / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
La Provence-Alpes-Côte d'Azur domine ce classement, suivie de la Corse et de l'Occitanie ; les Hauts-de-France, la Normandie et le Grand Est ferment la marche. Entre les deux extrêmes, l'écart atteint environ 50 % — une même installation produit donc, sur son cycle de vie, près d'une fois et demie plus d'électricité dans le Sud-Est que dans le Nord.
Le classement complet, du plus faible au plus élevé
| Région | Productible estimé (kWh/kWc/an) |
|---|---|
| Hauts-de-France | ≈ 1 025 |
| Normandie | ≈ 1 065 |
| Grand Est | ≈ 1 075 |
| Île-de-France | ≈ 1 090 |
| Bretagne | ≈ 1 100 |
| Centre-Val de Loire | ≈ 1 130 |
| Bourgogne-Franche-Comté | ≈ 1 140 |
| Pays de la Loire | ≈ 1 180 |
| Nouvelle-Aquitaine | ≈ 1 220 |
| Auvergne-Rhône-Alpes | ≈ 1 220 |
| Occitanie | ≈ 1 350 |
| Corse | ≈ 1 440 |
| Provence-Alpes-Côte d'Azur | ≈ 1 530 |
La saisonnalité, elle, se ressemble partout
Ce que ces cartes ne montrent pas : la forme de la courbe de production sur l'année est comparable d'une région à l'autre, seule son amplitude change. Partout en France, la production culmine entre juin et août et retombe à son plus bas en décembre-janvier, dans un rapport d'environ un à deux entre le mois le plus productif et le moins productif — notre étude de Saint-Rémy-de-Provence en détaille la courbe mensuelle exacte pour une installation de 6 kWc. Une région moins ensoleillée n'a donc pas une saisonnalité différente : elle produit simplement moins à chaque mois de l'année, dans les mêmes proportions relatives.
Une même installation de 6 kWc, Nord contre Sud
Pour rendre ces chiffres tangibles, comparons la production annuelle d'une installation résidentielle de 6 kWc — le format le plus vendu — dans la région la plus productive et dans la moins productive.
Source : PVGIS, Commission européenne
Environ 9 180 kWh par an en Provence-Alpes-Côte d'Azur, contre environ 6 150 kWh dans les Hauts-de-France : un écart de 3 000 kWh chaque année, pour un matériel, un budget et une puissance strictement identiques. À 0,1940 €/kWh évité par autoconsommation — identique dans les deux régions —, cet écart pèse concrètement sur la vitesse à laquelle l'installation se rembourse.
Exemple chiffré : 6 kWc dans la région la moins productive
Prenons le cas le moins favorable du classement : une installation de 6 kWc dans les Hauts-de-France, avec un taux d'autoconsommation de 70 %, atteignable avec des usages bien pilotés. Sur 6 150 kWh produits, 4 305 kWh sont autoconsommés à 0,1940 € l'unité, soit environ 835 € d'économies annuelles, et 1 845 kWh sont injectés à 0,011 €, soit une vingtaine d'euros de revente. À comparer aux quelque 1 180 € d'économies annuelles obtenues avec la même méthode à Avignon (Vaucluse) — l'écart de productible se traduit donc par un écart d'économies d'environ 350 € par an, pas par un projet qui devient non rentable.
Comment compenser partiellement un productible plus faible
Trois leviers, indépendants de la région, permettent d'atténuer l'écart. D'abord, une orientation est-ouest plutôt que plein sud, qui produit un peu moins au total mais étale la production sur une plus large partie de la journée, ce qui augmente souvent le taux d'autoconsommation réel. Ensuite, une batterie de stockage bien dimensionnée, qui capte le surplus de milieu de journée pour le restituer le soir. Enfin, le pilotage des usages (ballon d'eau chaude, lave-linge, recharge de véhicule) sur les heures de production, quelle que soit la saison. Aucun de ces leviers ne comble entièrement un écart de productible de 50 %, mais chacun rapproche le temps de retour d'une région moins ensoleillée de celui d'une région comme la nôtre.
Méthodologie et ce qui a changé en 2025-2026
Chaque valeur de productible régional provient d'une requête PVGIS, l'outil gratuit de la Commission européenne déjà utilisé pour toutes les estimations de production publiées sur ce site, interrogé pour une ville de référence de chaque région (plein sud, inclinaison 30°, pertes système 14 %). Les paliers de facture par région, eux, sont une synthèse éditoriale d'Alpilles Solaire construite faute de statistique officielle équivalente — voir le détail dans la question méthodologique de la FAQ. Aucune des deux cartes n'est une mesure exhaustive par région : ce sont des ordres de grandeur pour comparer les tendances du pays, pas un substitut à une étude de votre toiture et de votre facture réelles.
| Date | Évolution | Effet |
|---|---|---|
| Février 2025 | Tarif Bleu | −15 % environ |
| Août 2025 | TVA simplifiée à 20 % | Fin du taux réduit sur l'abonnement |
| 1er février 2026 | Tarif Bleu | −0,83 % TTC en moyenne |
| 1er août 2026 (à confirmer) | Part réseau (TURPE) | ≈ +1 % sur la facture |
Ces révisions s'appliquent identiquement à chaque foyer français, quelle que soit sa région : elles font évoluer le niveau du tarif dans le temps, jamais son uniformité géographique — ni, bien sûr, le productible de votre toiture.
Le cas du Vaucluse et des Alpilles
Nos deux zones d'intervention cumulent les deux avantages mis en évidence par ces cartes. Côté production, le Vaucluse et les Alpilles se situent dans la région la mieux placée de France — et même au-dessus de sa moyenne régionale : notre étude dédiée à Saint-Rémy-de-Provence détaille un productible propre à cette commune (≈ 1 470 kWh/kWc/an), distinct de celui d'Avignon (≈ 1 446). Côté facture, les Bouches-du-Rhône et le Var — nos départements voisins en PACA — figurent parmi les plus élevés de France, pour les mêmes raisons de consommation estivale que dans nos deux zones. Combinez les deux, et le calcul de l'autoconsommation solaire devient doublement favorable : chaque kilowattheure autoconsommé, déjà valorisé au même prix qu'ailleurs en France, provient d'une installation qui produit plus, dans un foyer qui consomme (et paierait) plus cher sans elle.
Puisque le tarif est verrouillé au niveau national, le seul poste sur lequel vous gardez la main est votre consommation. Chaque kilowattheure que vous produisez vous-même et consommez sur place — via l'autoconsommation solaire — est un kilowattheure que vous n'achetez plus 0,1940 €. Notre guide de rentabilité 2026 détaille le calcul complet, région par région. Si vous êtes dans le Vaucluse ou dans les Alpilles, consultez nos pages photovoltaïque en Vaucluse et photovoltaïque dans les Alpilles, ou comparez d'abord les prix d'une installation solaire en 2026 et le tarif de rachat du surplus pour prendre la mesure complète du sujet.
Passez de la lecture au projet.
Appeler un expert solaireDevis gratuit · Sans engagement · Garantie décennale en Vaucluse
Questions fréquentes
Le prix de l'électricité varie-t-il selon la région en France ?
Non, pas pour l'électricité issue du réseau public et facturée au tarif réglementé (Tarif Bleu). Ce prix — 0,1940 €/kWh TTC en option Base depuis le 1er février 2026 — est strictement identique à Brest, à Strasbourg, à Paris ou à Marseille, quelle que soit la distance au lieu de production. Ce choix résulte de la péréquation tarifaire nationale, un principe inscrit dans le Code de l'énergie, qui fait payer le même prix à tous les Français, y compris en Corse et dans les départements d'outre-mer, où produire de l'électricité coûte pourtant nettement plus cher. Ce qui varie réellement d'une région à l'autre, ce n'est donc pas le tarif, mais la facture annuelle — parce que les foyers ne consomment pas tous la même quantité d'électricité, et parce que la production solaire, elle, varie vraiment selon la région.
Quelle région produit le plus d'électricité solaire en France ?
La Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) arrive en tête, avec un productible photovoltaïque estimé à environ 1 530 kWh par kWc installé et par an, pour une installation plein sud inclinée à 30°, d'après les modélisations PVGIS de la Commission européenne. La Corse suit de près avec environ 1 440 kWh/kWc/an, puis l'Occitanie autour de 1 350. Ces trois régions bénéficient d'un ensoleillement méditerranéen et d'un ciel globalement plus dégagé que le reste du pays. À l'autre bout, les Hauts-de-France plafonnent vers 1 025 kWh/kWc/an. Le Vaucluse et les Alpilles, où nous intervenons, se situent d'ailleurs au-dessus même de la moyenne régionale, avec un productible mesuré d'environ 1 446 à 1 470 kWh/kWc/an à Avignon et Saint-Rémy-de-Provence.
Pourquoi ma facture d'électricité est-elle plus élevée que celle d'un proche habitant une autre région ?
Parce que la facture dépend de la quantité consommée, pas du prix payé au kilowattheure — identique partout. Trois facteurs expliquent l'essentiel des écarts régionaux observés par les comparateurs et le Médiateur national de l'énergie : le mode de chauffage (les régions où le réseau de gaz est peu développé, comme la Bretagne ou les Pays de la Loire, comptent davantage de logements chauffés à l'électricité), la climatisation (de plus en plus fréquente dans le Sud et l'intérieur des terres, elle pèse sur l'été comme le chauffage pèse sur l'hiver) et la taille du logement, une grande maison individuelle consommant structurellement plus qu'un appartement. À consommation égale, deux foyers paieraient rigoureusement la même facture, où qu'ils habitent en France métropolitaine.
Le solaire est-il rentable dans le Nord de la France malgré un productible plus faible ?
Oui, y compris dans les Hauts-de-France, la région la moins ensoleillée du classement avec environ 1 025 kWh/kWc/an. Un écart de production de 50 % avec le Sud ne rend pas une installation non rentable : il allonge simplement le temps de retour sur investissement, de l'ordre d'une quinzaine d'années dans les régions les moins ensoleillées, contre 9 à 12 ans dans les meilleures zones du Sud. Le prix de l'électricité évitée par autoconsommation étant, lui, identique partout en France, l'écart de rentabilité entre régions vient uniquement du productible, jamais du prix. Notre guide de rentabilité 2026 détaille le calcul complet, hypothèse par hypothèse, quelle que soit votre région d'installation.
Comment ces chiffres de prix et de production sont-ils calculés ?
Deux méthodes distinctes, l'une pour chaque carte. Pour la production solaire, nous avons interrogé PVGIS, l'outil gratuit de la Commission européenne, pour une ville de référence de chaque région (orientation plein sud, inclinaison 30°, pertes système 14 %) : ce sont des ordres de grandeur régionaux solides, mais pas une statistique officielle exhaustive, qui n'existe à ce jour ni à l'ADEME, ni au SDES, ni à RTE. Pour la facture moyenne, aucune donnée officielle ne descend à l'échelle régionale (le SDES raisonne par zone climatique) : nous avons croisé les points de données départementaux réels publiés par la CRE, Enedis et le Médiateur national de l'énergie avec la part de chauffage tout-électrique par zone climatique, pour construire des paliers indicatifs assumés comme tels.
Pourquoi la Corse et les départements d'outre-mer ne paient-ils pas plus cher d'électricité, malgré un coût de production supérieur ?
Parce que la loi l'organise ainsi. Ces territoires forment des « zones non interconnectées » (ZNI), non reliées au réseau continental : l'électricité y est produite localement, souvent par des centrales thermiques, pour un coût réel environ deux fois supérieur à la moyenne métropolitaine. Sans intervention, un habitant de La Réunion ou de Guadeloupe paierait donc bien plus cher son électricité qu'un habitant du continent. Le fonds de péréquation, alimenté par l'ensemble des consommateurs, comble cet écart : le gestionnaire local perçoit une compensation qui lui permet de facturer au même tarif national. Résultat, un habitant de Fort-de-France paie très exactement le même prix au kilowattheure qu'un habitant de Lille — un choix de solidarité territoriale assumé depuis les débuts de l'électrification du pays.
Le prix ne varie pas mais la production oui : qu'est-ce que ça change pour mes économies solaires ?
Le prix fixe joue en votre faveur, la production variable aussi, mais différemment. Puisque le tarif est verrouillé au niveau national, chaque kilowattheure autoconsommé économise exactement 0,1940 €, où que vous habitiez — et cette économie est mécaniquement plus élevée en valeur absolue si votre facture de départ est élevée (grand logement, chauffage électrique, climatisation). La production, elle, varie réellement selon la région : un même projet produit jusqu'à 50 % de plus en PACA que dans les Hauts-de-France, ce qui raccourcit d'autant le temps de retour. Dans une région qui cumule facture élevée et bon ensoleillement — c'est le cas du Vaucluse et des Alpilles —, les deux effets se renforcent. Notre guide de rentabilité 2026 détaille le calcul région par région.
Sources officielles
- Code de l'énergie, article L.121-5 — Légifrance
- Grille de prix du Tarif Bleu — EDF
- Délibération CRE — Tarifs réglementés au 1er février 2026
- Médiateur national de l'énergie
- SDES — Chiffres clés des énergies renouvelables 2025
- PVGIS — outil de calcul du productible (Commission européenne)
- ADEME — Agence de la transition écologique
- RTE — Panorama de l'électricité renouvelable
- Fond de carte des régions — RomGuig, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
