Aides & réglementation

Prime à l'autoconsommation supprimée en 2026 : que reste-t-il pour votre projet solaire ?

Vous avez lu que l'État a supprimé la prime à l'autoconsommation en juin 2026, et vous vous demandez si votre projet solaire a encore un sens. La réponse est oui — mais plus pour les mêmes raisons qu'avant. On vous explique précisément ce que l'arrêté du 1er juin 2026 a changé, et pourquoi, en Vaucluse, une installation bien dimensionnée reste l'un des meilleurs placements possibles.

Ce qui a changé le 5 juin 2026 (en 30 secondes)

La prime à l'autoconsommation existe-t-elle encore en 2026 ?

Non. La prime à l'autoconsommation est supprimée depuis le 5 juin 2026, en application de l'arrêté du 1er juin 2026. Elle ne concerne plus aucune demande de raccordement. Les dossiers déposés avant cette date conservent leurs droits pendant 20 ans. La rentabilité repose désormais sur l'autoconsommation et la TVA à 5,5 %.

Et pour votre toiture, concrètement ?

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Le reste de ce guide détaille le texte et les aides qui subsistent — rédigé par un installateur photovoltaïque local (méthodologie, sources et mentions légales en bas de page), mais chiffré sans complaisance.

Qu'est-ce que la prime à l'autoconsommation (et pourquoi elle a disparu)

Un dispositif né en 2017, en déclin depuis 2023

La prime à l'investissement, dite « prime à l'autoconsommation », a été créée en mai 2017 pour amorcer le marché résidentiel : une aide versée aux particuliers autoconsommant leur production en vendant seulement leur surplus. Le contexte a changé depuis : modules divisés par plusieurs en dix ans, électricité du réseau plus chère, et dès 2023 la prime réduite à chaque révision, le marché jugé suffisamment amorcé.

De 390 €/kWc à 80 €/kWc… puis zéro

Les chiffres racontent la trajectoire : environ 390 €/kWc en 2017, il n'en restait qu'environ 80 €/kWc début 2026 — moins du quart de la valeur initiale, soit au mieux 720 € pour un projet résidentiel de 9 kWc. Symboliquement forte, économiquement marginale.

Pour mesurer l'effet concret de la réforme, prenons un exemple : une maison de 6 kWc à Avignon, productible PVGIS ≈ 1 446 kWh/kWc/an, soit ≈ 8 676 kWh produits par an. Avec une hypothèse de 40 % d'autoconsommation — dans la fourchette courante de 25 à 45 % sans pilotage ni batterie, selon la méthode de photovoltaique.info — : ≈ 3 470 kWh autoconsommés, ≈ 5 206 kWh de surplus. Avant le 5 juin 2026 : prime unique ≈ 480 € plus un surplus ≈ 208 € la première année (tarif antérieur 4 c €/kWh, arrêté du 26 mars 2025). Après le 5 juin 2026 : prime nulle, surplus ≈ 57 € la première année (tarif S21 1,1 c €/kWh) — soit ≈ 630 € de moins la première année sur ces deux lignes. Mais la valeur de l'autoconsommation elle-même, ≈ 673 €/an à 0,1940 €/kWh, ne change pas : elle reste, de très loin, le vrai moteur de la rentabilité. Modèle indicatif (productible PVGIS, taux d'autoconsommation, tarifs au 5 juin 2026), pas une étude de rentabilité complète.

Avant / après l'arrêté S21 : l'impact sur un projet de 6 kWc à Avignon Cinq repères horizontaux. Avant le 5 juin 2026 : une prime unique d'environ 480 euros, plus un surplus racheté environ 208 euros la première année au tarif antérieur de 4 centimes le kilowattheure. Après le 5 juin 2026 : prime nulle, surplus racheté environ 57 euros la première année au tarif de 1,1 centime. La valeur de l'autoconsommation, environ 673 euros par an, ne change pas avec la réforme et reste largement supérieure aux deux autres lignes réunies. 0200400600 €Avant S21 — prime (unique)≈ 480 €Avant S21 — surplus 1ʳᵉ année≈ 208 €/antarif antérieur 4 c €/kWhAprès S21 — prime0 €Après S21 — surplus 1ʳᵉ année≈ 57 €/antarif S21 1,1 c €/kWhAutoconsommationvaleur annuelle, inchangée≈ 673 €/an
Modèle indicatif, maison de 6 kWc à Avignon : productible PVGIS 1 446 kWh/kWc/an (≈ 8 676 kWh/an), hypothèse de 40 % d'autoconsommation (≈ 3 470 kWh autoconsommés, ≈ 5 206 kWh de surplus), tarifs figés au 5 juin 2026. Ceci illustre l'impact de la réforme, pas une étude de rentabilité complète — estimations non contractuelles.

Source : Arrêté du 1ᵉʳ juin 2026 ; arrêté du 26 mars 2025 (tarif antérieur) ; PVGIS ; photovoltaique.info (taux d'autoconsommation)

L'arrêté du 1er juin 2026 en détail

La suppression de la prime

L'arrêté du 1er juin 2026 (NOR ECOR2609281A), publié au Journal officiel du 4 juin 2026, modifie l'arrêté tarifaire du 6 octobre 2021 qui régit le guichet ouvert photovoltaïque, dit « S21 ». Il supprime la prime à l'investissement pour toute demande complète de raccordement déposée à partir du 5 juin 2026.

Le rachat du surplus ramené à 1,1 c €/kWh

Le même texte fixe un nouveau tarif d'achat pour le surplus injecté au réseau, sans ambiguïté :

« Le montant de ce tarif d'achat TPa est égal à 1,1 c €/kWh hors TVA. Ce tarif d'achat fait l'objet d'une indexation de 2 % par an. »

— Arrêté du 1er juin 2026, Légifrance

Avec cette indexation, le tarif atteint environ 1,60 c €/kWh en vingtième année. La revente est devenue un appoint symbolique, pas un revenu — notre guide du tarif de rachat du surplus 2026 détaille le calcul complet avec un exemple vauclusien.

La fin de la vente totale pour le résidentiel

Troisième volet : la vente en totalité est fermée aux installations de 9 kWc et moins — il ne reste qu'un seul schéma : l'autoconsommation avec vente du surplus.

Les droits acquis des dossiers antérieurs

Si votre demande complète de raccordement a été déposée avant le 5 juin 2026, rien ne change pour vous : prime et tarif d'achat en vigueur au dépôt sont contractuellement garantis pendant 20 ans.

Ce qui reste en 2026 : les vraies aides

La TVA à 5,5 %

Depuis le 1er octobre 2025, les installations résidentielles jusqu'à 9 kWc peuvent bénéficier d'une TVA à 5,5 % au lieu de 20 %, sous cinq critères cumulatifs (panneaux bas carbone certifiés, système de gestion de l'énergie, notamment). Sur un projet de 6 kWc, l'écart représente environ 1 600 € : c'est aujourd'hui la première aide nationale. Détails et pièges des devis non conformes : notre guide de la TVA à 5,5 % sur le photovoltaïque.

Le contrat d'achat garanti 20 ans

Le cadre de l'obligation d'achat demeure : EDF OA doit acheter votre surplus 20 ans, à tarif connu d'avance. Montant faible, mais garantie de débouché précieuse.

L'exonération d'impôt jusqu'à 3 kWc

Les revenus de la vente du surplus restent exonérés d'impôt sur le revenu pour les installations de 3 kWc ou moins (article 35 ter du CGI), sous conditions d'usage non professionnel.

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Pourquoi votre projet reste rentable : l'autoconsommation

Un kWh autoconsommé vaut 18 fois un kWh revendu

Posons les deux chiffres côte à côte. Un kilowattheure autoconsommé, c'est un kilowattheure que vous n'achetez pas à votre fournisseur : environ 0,1940 € TTC au Tarif Bleu d'EDF en option Base 6 kVA (juin 2026). Un kilowattheure revendu à EDF OA : 0,011 €. Le rapport est d'environ 18 contre 1 : toute la stratégie consiste à dimensionner l'installation sur la consommation réelle, plutôt que sur la puissance maximale — le principe même de l'autoconsommation solaire. Depuis 2021, les deux trajectoires ont divergé : le graphique ci-dessous montre le repère autoconsommation face à la chute du tarif de rachat, arrêté par arrêté.

Autoconsommation contre surplus revendu : deux trajectoires depuis 2021 Graphique linéaire. La valeur de l'autoconsommation reste stable autour de 19,4 centimes d'euro par kilowattheure (repère juin 2026, non historique). Le tarif de rachat du surplus, lui, chute par paliers : 12,69 centimes jusqu'en février 2025, 4 centimes de mars 2025 à juin 2026 après l'arrêté du 26 mars 2025, puis 1,1 centime depuis le 5 juin 2026 après l'arrêté S21, qui supprime au même moment la prime à l'autoconsommation. Autoconsommation (repère)Surplus revendu (tarif S21)5 c €10 c €15 c €0,1940 €/kWh — juin 202612,69 c €/kWh4 c €/kWh1,1 c €/kWhjusqu'à fév. 2025mars 2025 – juin 2026depuis le 5 juin 2026Arrêté du 26 mars 2025tarif ramené à 4 c €/kWhArrêté du 1ᵉʳ juin 2026 (S21)1,1 c €/kWh, prime supprimée
Le repère autoconsommation (pointillé or) est le niveau constaté en juin 2026, pas une série historique : seul le tarif de rachat du surplus (ligne grise) est un historique daté. Estimations non contractuelles.

Source : Arrêtés du 6 octobre 2021, du 26 mars 2025 et du 1ᵉʳ juin 2026 (legifrance.gouv.fr) ; Tarif Bleu EDF (base)

L'atout Vaucluse (et son équivalent dans les Alpilles)

En Vaucluse, la géographie travaille pour vous. À Avignon, chaque kilowatt-crête installé produit environ 1 446 kWh par an — l'un des tout meilleurs productibles de France. Et le mistral, qui souffle 100 à 130 jours par an, refroidit les modules pendant l'été : au-dessus de 25 °C, chaque degré supplémentaire coûte 0,3 à 0,4 % de rendement, une perte que ce vent annule en grande partie précisément quand le soleil cogne.

Résultat : un retour sur investissement généralement compris entre 9 et 12 ans dans le département, contre 14 ans et plus en moyenne nationale. Le détail du calcul — hypothèses, durées, sensibilité au prix de l'électricité — fait l'objet de notre guide dédié à la rentabilité du solaire en 2026. Et si vous êtes dans le Grand Avignon, notre équipe à Avignon intervient dans toute la zone.

Le même raisonnement se transpose de l'autre côté du Rhône : à Saint-Rémy-de-Provence et dans les Alpilles, le productible atteint même environ 1 470 kWh/kWc/an, un rendement légèrement supérieur à Avignon (voir notre étude de production solaire à Saint-Rémy-de-Provence) — l'exemple chiffré ci-dessus s'y transpose directement.

Que faire concrètement maintenant

D'abord, un réflexe de prudence : un devis qui mentionne encore la prime n'est pas à jour — refusez-le. Elle n'existe plus depuis le 5 juin 2026, et tout devis qui la promet encore n'est pas conforme à la réglementation (voir la fiche officielle panneaux photovoltaïques de service-public.fr). C'est un excellent test de sérieux, au même titre que les fausses promesses recensées dans notre guide des aides solaires en Vaucluse. Autre repère : la loi du 30 juin 2025 contre la fraude aux aides publiques interdit, dès le 11 août 2026, le démarchage téléphonique, par SMS ou en ligne pour une installation solaire sans consentement explicite du consommateur, sous peine d'amende pouvant atteindre 375 000 €.

Ensuite, la démarche saine en trois temps : faire établir votre profil de consommation (talon, usages pilotables, présence en journée) ; dimensionner l'installation pour un taux d'autoconsommation élevé plutôt que pour la puissance maximale ; exiger un devis conforme à la TVA 5,5 % si votre projet y est éligible, panneaux certifiés à l'appui. Un projet pensé ainsi n'a pas besoin de prime : il se rembourse par les factures qu'il vous évite, année après année, que vous soyez en Vaucluse ou dans les Alpilles.

À propos d'Alpilles Solaire

Ce guide est rédigé par Alpilles Solaire, installateur photovoltaïque basé à Montfavet, qui intervient en Vaucluse et dans les Alpilles — de Saint-Rémy-de-Provence à Avignon, en passant par Maussane-les-Alpilles et Tarascon. Nos installations sont couvertes par une garantie décennale dédiée au photovoltaïque (contrat Cube n° PMB0085211716, souscrit auprès de QBE via le courtier Protect Assurance), et l'entreprise est immatriculée sous le SIREN 985 197 870 — d'où notre insistance sur des chiffres vérifiables plutôt que sur des promesses commerciales : la prime a disparu, et notre rôle est de vous aider à construire un projet rentable sur les bases réelles de 2026.

Passez de la lecture au projet.

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Questions fréquentes

La prime à l'autoconsommation existe-t-elle encore en 2026 ?

Non. La prime à l'autoconsommation a été supprimée par l'arrêté du 1er juin 2026. Elle ne s'applique plus à aucune demande complète de raccordement déposée à partir du 5 juin 2026 : un devis signé aujourd'hui n'ouvre droit à aucune prime d'État, quel que soit l'installateur, et un vendeur qui promet le contraire n'est pas à jour de la réglementation. Les seuls soutiens nationaux encore actifs sont la TVA réduite à 5,5 % pour les installations résidentielles de 9 kWc ou moins, le contrat d'achat du surplus sur 20 ans et l'exonération d'impôt sur le revenu jusqu'à 3 kWc. La rentabilité d'un projet se joue désormais sur l'autoconsommation.

Que deviennent les dossiers déposés avant le 5 juin 2026 ?

Ils conservent leurs droits. La suppression ne s'applique qu'aux demandes complètes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026. Si votre dossier a été déposé auprès d'Enedis avant cette date, le tarif d'achat et la prime en vigueur au moment du dépôt restent figés dans votre contrat pour 20 ans : vous percevrez la prime prévue et votre surplus restera racheté au tarif garanti à la signature. C'est le principe des droits acquis, systématique depuis 2017 à chaque révision tarifaire : un changement de barème ne modifie jamais les contrats déjà conclus.

À combien EDF OA rachète-t-il le surplus maintenant ?

Depuis le 5 juin 2026, le surplus des installations en autoconsommation de 100 kWc ou moins est racheté 1,1 centime d'euro par kilowattheure hors TVA (0,011 €/kWh), avec une indexation de 2 % par an sur un contrat de 20 ans — soit environ 1,60 c €/kWh en fin de contrat. C'est un montant volontairement marginal : la revente n'est plus un revenu, mais un simple appoint qui valorise les kilowattheures non consommés. La valeur réelle de votre production se situe dans le kWh que vous ne payez plus à votre fournisseur, environ 0,1940 € au Tarif Bleu — près de 18 fois plus. Notre guide du tarif de rachat détaille le calcul complet.

Le solaire est-il encore rentable sans la prime ?

Oui, à condition de dimensionner l'installation pour consommer votre propre production plutôt que pour la revendre. La prime ne représentait plus que 80 €/kWc début 2026, soit 720 € au maximum pour une installation résidentielle de 9 kWc : sa disparition ne change pas l'équation économique d'un projet bien conçu. Chaque kilowattheure autoconsommé vous évite d'acheter un kilowattheure à environ 0,1940 € TTC, et ce sont ces économies cumulées qui remboursent l'investissement. Dans le Vaucluse, le retour sur investissement s'établit généralement entre 9 et 12 ans, contre 14 ans et plus en moyenne nationale. Estimations non contractuelles, à affiner par une étude personnalisée.

Quelles aides restent disponibles en 2026 ?

Trois dispositifs nationaux subsistent. D'abord la TVA à 5,5 % sur les installations résidentielles jusqu'à 9 kWc, sous cinq conditions cumulatives (panneaux bas carbone certifiés, système de gestion de l'énergie, notamment) — environ 1 600 € d'écart sur un projet de 6 kWc par rapport au taux plein. Ensuite le contrat d'achat du surplus sur 20 ans, qui garantit un débouché à votre production excédentaire, même si son tarif est devenu symbolique. Enfin l'exonération d'impôt sur le revenu pour les installations de 3 kWc ou moins (article 35 ter du Code général des impôts). Aucune aide départementale ne finance le photovoltaïque en Vaucluse : notre guide des aides locales fait le tri entre le vrai et le faux.

La suppression de la prime concerne-t-elle la vente totale ?

L'arrêté du 1er juin 2026 va plus loin que la seule suppression de la prime : il ferme aussi le guichet de la vente en totalité pour les installations de 9 kWc ou moins. Un particulier ne peut donc plus vendre 100 % de sa production à EDF OA, formule déjà marginale tant ses tarifs avaient baissé. Pour le résidentiel, le cadre 2026 impose un seul schéma : l'autoconsommation avec vente du surplus à 1,1 c €/kWh — déjà, de très loin, le montage le plus rentable pour un ménage, ce qui confirme la logique du législateur : consommer sa propre électricité, pas en faire commerce.

Pourquoi le Vaucluse reste-t-il particulièrement favorable ?

Parce que la production y est nettement supérieure à la moyenne française. À Avignon, une installation bien orientée produit environ 1 446 kWh par kilowatt-crête et par an, l'un des meilleurs productibles de l'Hexagone. Le mistral, qui souffle 100 à 130 jours par an, joue aussi un rôle méconnu : au-delà de 25 °C, chaque degré supplémentaire fait perdre 0,3 à 0,4 % de rendement aux panneaux, et ce vent constant les refroidit précisément pendant les fortes chaleurs estivales. Résultat : plus de kilowattheures autoconsommés chaque année, donc un amortissement plus rapide, entre 9 et 12 ans dans les bonnes configurations.

Sources officielles